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Puisque dans la culture occidentale actuelle, la créativité individuelle est préférée aux traditions, il est important de connaître les aspects traditionnels de l’Ikebana, parmi lesquels on a la symbolique des végétaux.

 

 

Chaque culture a sa propre symbolique associée aux plantes qui, par exemple en Occident, peut être reliée à la religion (lys), aux armées (feuilles de chêne), au sport (couronne de laurier), aux superstitions (trèfle), à la poésie (la rose), à l’héraldique ou science des blasons (lys du roi de France) et plus encore.

Le symbolisme japonais vient de diverses sources à dominance chinoise, en lien avec les cérémonies religieuses du bouddhisme et du confucianisme, auxquelles se sont ajoutés des symbolismes autochtones d’origines diverses mais surtout de la poésie.

 

 

L’œillet des montagnes, Nadeshiko, (Dianthus superbus) est mentionné dans vingt-six poèmes du Man’yōshū et symbolise la grâce féminine.

 

Ci-contre, éventail avec des Dianthus superbus ‘Nadeshiko’.

 

Fête des garçons le 5ème jour du 5ème mois (aujourd’hui aussi pour les filles) : poupées et objets virils sont exposés pour souhaiter courage et force aux enfants.

 

Remarquez les iris. Les feuilles d’iris rappellent les épées et sont utilisées le 5ème jour du 5ème mois pour la fête des enfants.

 

 

Soulignions l’importance de l’homophonie dans la langue nippone. Par exemple le pin ‘Matsu’ est homophone du verbe ‘Matsu’ qui signifie attendre. On le retrouve mentionné dans 71 poèmes du Man’yōshū.

Des fleurs spécifiques symbolisent les quatre saisons ou un mois spécifique de l’année. La liste des plantes peut différer selon le cadre dans lequel les plantes sont utilisées (par exemple la Cérémonie du thé), selon les groupes (par exemple les Bunjin), selon les différentes écoles d’Ikebana, ….

En général, les plantes sont considérées comme masculines (Yang) par rapport aux fleurs et aux herbes, et certaines plantes. Il peut y avoir des plantes masculines ou féminines par exemple, Pinus Thunbergii est considéré comme masculin (Kuro-matsu et O-matsu) par rapport à Pinus densiflore, femelle (Aka-matsu et Me-matsu) comparé à Thunbergii.

Certaines combinaisons de végétaux sont bien connues pour leur symbolisme :

 

 

 

 

Végétaux représentant les 3 amis de la saison froide, symboles mis en scène lors du réveillon de nouvel an :

Le pin symbolise la longue vie.

Le bambou, la dévotion.

Le Prunus Ume (abricotier du Japon), le courage.

Végétaux représentant les quatre saisons.

Les quatre gentilshommes (ou quatre nobles) :

L’orchidée : printemps.

Le bambou : été.

Le chrysanthème : automne.

Le Prunus Ume: hiver.

 

Les végétaux utilisés dans cette composition créée en 1935 par Koun Ohara, représentent les sept herbes d’automne Aki No Nana Kusa.

Dans le Man’yōshū, premier recueil de poèmes japonais de 750 après J.-C. comprenant 10 000 feuilles, il y a un tanka de Yamanoe No Okura intitulé Aki (automne) No Nana (sept) Kusa (herbes) qui évoque :

Miscanthus sinensis (Eulalia), Puearia, Patrinia scabiosifolia, Eupatorium cannabis (valériane) Dianthus (œillet des montagnes), Liseron.

 

Depuis lors, les « sept herbes de l’automne » sont connues de tous comme un symbole de l’arrivée de l’automne. Au fil du temps, peintres et poètes citent ou font référence à ce poème, parfois en modifiant soit le nombre (5 ou 7) soit en remplaçant une ou plusieurs espèces. Les « sept herbes » sont présentes dans les peintures, sur les éventails, sur les paravents et portes coulissantes, sur les kakemono et bois laqués, sur les kimonos et obi, dans les compositions des écoles d’Ikebana.                          © École Ohara

 

Actuellement, l’École Ohara n’utilise que quatre des sept herbes dans un paysage d’automne traditionnel. Puisque le nombre total utilisé doit être impair, le Lycopodium, qui ne fait pas partie des 7 herbes d’automne, est prescrit par l’école Ohara qui l’inclut dans ce décompte, comme 5ème élément.

 

Dessins de composition Ohara de 1934. Dans le premier on utilise les sept « herbes » alors que dans le second on n’en utilise que deux, gentiane et patrinia, auxquelles s’ajoutent deux autres herbes typiquement automnales (Wax et Anthistiria Arguens).

 

 

 

 

 

 

 

 

© École Ohara. Fait intéressant, cette composition est définie comme un Moribana influencé par le style Rimpa.