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La tradition attribue la création du Nageire à Sen no Rikyū (employé par Hideyoshi comme Maître de thé de 1585 à 1591), lors d’une pause dans une campagne militaire. Le Kampaku (Grand rapporteur de la cour chargé des affaires = Ministre)  ordonne à Rikyū de créer un Ikebana.

Rikyū, n’ayant pas le matériel nécessaire, se sert de son poignard pour couper des fleurs et des feuilles d’iris, les attache au manche du poignard et jette le tout dans un petit baquet : la lame collée au fond du récipient, gardant les iris droits.

Hideyoshi le félicite en lui disant : «Quel bel nage-ire» (= jeté dedans).

Ci-contre : Sen no Rikyū (1521 – 1591).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nageire dans un petit bassin.

 

 

 

Historiquement, Nageire est mentionné environ 140 ans plus tôt que la tradition ne le veut, puisque le Sendenshō (le plus ancien manuscrit sur l’Ikebana qui nous soit parvenu date de 1445) utilise ce terme pour des compositions libres, non codifiées comme le Tatebana l’est.

Utamaro (1753-1806)


 

 

Caractéristiques

Tatebana

Nageire 

Codifié et grand

Dans de hauts vases en métal

Riche et symbolique

Utilisé lors d’événements formels et publics Habituellement avec des conifères

Représente la stabilité, l’éternité

« Artificiel »

Libre et petit

Dans des vases hauts et peu profonds non métalliques Simple et spontané

Utilisé dans les maisons privées

Avec de petites plantes simples et humbles

Représente l’impermanence

« Naturel »

 

Le Rikka est une évolution du Tatebana et conserve toutes les caractéristiques citées ci-dessus.

 

Types de Nageire d’après les estampes, 1793, Utamaro (1753-1806).

 

 

 

 

 

 

 

Nageire

Autre estampe, 1793, Utamaro.

 

En utilisant le terme ‘Nageire’, nous faisons référence à une forme plus libre de composition que le Tatebana. Les plantes aux caractéristiques différentes des plantes utilisées dans le Tatebana sont « jetées » dans un vase haut ou bas. Il est intéressant de savoir que les premiers Moribana Ohara, dans un bassin bas, s’appellent ‘Suiban Nageire’ ou ‘Nageire’ (composition libre), nom probablement choisi pour se détacher des « normes » et souligner une utilisation plus libre des plantes par l’École Ohara que par les autres écoles encore liées à la tradition.

 

 

 

 

 

Actuellement, l’École Ohara utilise les termes : Hei Ka, Hei = vase, sous-entendu : haut + Ka = fleurs, pour les compositions dans un vase haut, en les distinguant des compositions dans un vase bas, appelées Moribana. Ainsi, le mot ‘Heika’ fait référence au type de vase (haut) utilisé.

Pour les arrangements dans un vase haut, Nageire est l’équivalent du Heika bien que la composition ne soit pas libre, comme le terme l’indique lors de sa création, mais est soumise à des règles de composition équivalentes aux règles de composition du Moribana.

© École Ohara

 

Le mot Nageire fait référence à la manière de composer (autrefois libre, aujourd’hui codifiée).

En considérant que le 1er nom donné au Moribana ‘Suiban Nageire’ et le nom Nageire pour les compositions dans un vase, les Moribana et les Heika de l’École Ohara donnent une impression de naturalisme comme si les végétaux sont « jetés », malgré l’obligation d’observer des règles de composition.