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Ogata Kōrin (1658-1716) et son frère Ogata Kenzan (1663-1743) à Kyōto et Edo.

 

Enfants d’un riche marchand de textiles de Kyōto qui bénéficie de la protection impériale et de la classe militaire, ils reçoivent, durant leur jeunesse aisée et insouciante, une éducation dans divers arts. Kōrin, d’un caractère très extraverti et exubérant devient un célèbre acteur de Nō mais surtout un calligraphe de renom tandis que Kenzan, de tempérament opposé, érudit discret, voué à la Cérémonie du Thé, au Zen et à la céramique. Ils étudient tous deux, la peinture avec un artiste du courant Kanō.

En 1687, à la mort de leur père et en raison de difficultés économiques concomitantes, ils sont contraints de trouver des moyens de subsistance.

Le frère cadet prend le nom de Kenzan (= Montagne du nord-ouest, endroit à la périphérie de Kyōto), où il ouvre un four. Il produit de la poterie que son frère Kōrin peint. Pendant quelques années, ils réalisent certaines des plus belles poteries de la période Edo puis se séparent. Kōrin commence à peindre en prenant comme source d’inspiration les idéaux esthétiques de Sōtatsu et Kōetsu qui ont vécu environ un siècle plus tôt. Son habileté est telle et ses œuvres si demandées que des imitations commencent à circuler. Pour cette raison, cent ans plus tard en 1815, Sakai Hōitsu et Ikeda Koson publient deux livres pour répertorier les authentiques œuvres de Kōrin (les deux volumes contiennent plus de 300 exemples de peintures et de dessins de Kōrin).

 

Idéaux de Sōtatsu et Kōetsu qui caractérisent l’art Rimpa et repris par Kōrin :

 

Peinture Rinpa Arrangement Rimpa-Cho Ikebana
1 – Références à la poésie, à la prose et aux thèmes des classiques de la littérature de la cour impériale de la fin de la période Heian.

2- Techniques de peinture particulières (ex. Tarashikomi).

3- Utilisation abondante de l’or et de l’argent pour éclairer les fonds.

4- Répétition stylisée de motifs végétaux.

5- Emphase et omission.

 

1 – Références aux plantes citées dans les classiques de la littérature de la cour impériale.

 

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3- Paravent doré placé derrière les arrangements.

 

4- Répétition stylisée de motifs végétaux

5- Emphase : L’échelle naturelle des dimensions des végétaux n’est pas respectée tant dans les peintures que dans l’Ikebana

Omission : Certains éléments sont omis dans les peintures, découpés dans le Rimpa-Cho Ikebana.

 

La peinture Rimpa doit mettre en évidence :

– la beauté des fleurs pleinement épanouies (rarement en bouton) : fleurs de pêcher et de cerisier, chrysanthèmes, hortensias et autres sont peints de façon plate et frontale. Les plus belles fleurs sont présentées avec leur tige (pivoine, lys, iris, coquelicot, hibiscus, hémérocalle, etc.) et positionnées comme si elles se balancent au vent, avec la partie interne de la corolle partiellement visible.

– La beauté des feuilles, clairement identifiables, sont toujours frontales, rarement de profil ou à l’envers (célosie, coquelicots, Althea, etc.)

– Les parties des plantes qui recouvrent le «coup de pinceau» ne sont pas représentées ou sont coupées : par exemple, les grandes feuilles de célosie qui recouvrent la fleur ou les feuilles « en négatif » doivent être placées de manière « décorative », ornementale.

 

À partir de 1704, Kōrin partage son temps entre Kyōto et Edo puis, peu satisfait de l’environnement, il passe les dernières années de sa vie en la sympathique compagnie de l’aristocratie déclinante de Kyōto.

Kenzan, séparé de son frère, continue sa production d’art de la table avec beaucoup de succès. En 1731, il s’installe à Edo où il ouvre un four et produit de splendides objets.

 

Autres peintres Rimpa contemporains : Shikō Watanabe (1682-1755), Roshu Fukae (1698-1757).

Œuvres de Ogata Kōrin

 

Paravent à six panneaux, Iris, 150 x 339 cm.

Quelques panneaux du paravent aux chrysanthèmes.

 

Kimono dessiné à la main par Ogata Kōrin.

 

 

Paravent à deux panneaux avec Althea.

 

 

 

 

Prunus Ume à fleurs blanches et rouges (abricotier japonais).

 

 

Ogata Kōrin utilise brillamment la technique de Kouhakubai-zu dans ce Fusuma en ajoutant un pigment vert rokushou 青 au noir des troncs pour créer un effet de taches de mousse.

 

Fleurs d’Althea, 54 x 13 cm.

 

Céramiques des frères Ogata.

 

 

 

Les peintres suivants appartiennent au courant des frères Ogata.

 

Œuvre de Roshu Fukae

Paravent à six panneaux, Plantes des 4 saisons.

 

 

Les paravents japonais se regardent de droite à gauche (comme l’écriture japonaise). Les végétaux de printemps sont à notre droite tandis que ceux d’hiver sont à l’extrême gauche. La seule exception concerne les paravents de style Namban, qui se regardent de gauche à droite, comme les écritures occidentales.

 

 

 

 

Œuvre de Watanabe Shikō

Paravent à six panneaux, Fleurs de cerisier à Yoshino yama, 150 x 362 cm de la période Edo (1603-1767).